Union Européenne : au menu ou à la carte ?

500 millions d’habitants, qui circulent librement et vivent dans une paix durable, une communauté de 27 pays, qui lui valent un attrait considérable auprès des investisseurs étrangers, un exemple unique au monde de solidarité où la contribution des uns finance le redressement économique des autres, un marché unique le plus important au monde.

L’Union Européenne, soumise aux mêmes chocs financiers et économiques que le reste du monde, progresse par étape : la première, la plus marquante dans les esprits de nos concitoyens, héritiers de trois guerres successives dévastatrices, fut celle de la réconciliation et de la volonté de paix à jamais. La dernière, la moins entendue, est celle du pacte de stabilité et de croissance, tournant le dos à l’austérité et assurant aux pays membres une protection financière face aux dettes des Etats.

Mais cette Europe, qui nous offre tant de droits, nous oblige à des devoirs, dont celui de respecter des obligations. Aussi diversifiée soit-elle, ni elle ne se propose « à la carte », ni elle ne se soumet à la menace d’un solo.

C’est pourtant à cet esprit de citoyenneté européenne que le conservateur anglais, David Cameron, veut s’attaquer, lorsqu’il promet à ses concitoyens un référendum sur l’appartenance ou non du Royaume Uni à l’U.E. d’ici la fin 2017, en cas de réélection de son parti aux législatives 2015.

Sous la menace d’un Etat voyou « renégocier ses liens avec l’Union Européenne pour encourager ensuite son peuple à la déserter » constitue à mon sens un chantage qui relève d’une certaine forme de terrorisme dont les autres Etats membres devraient se protéger avec pour seule arme de riposte : ne pas céder.

Auteurs de ce chantage, les conservateurs anglais affichent ainsi au monde entier qu’ils dérivent, isolés dans un autre temps, où le Royaume Uni affirmait sa puissance à lui tout seul et sa proximité avec les Etats unis, où il régnait sur un Commonwealth aujourd’hui éclaté, où l’Inde était encore sous le joug de son colonisateur.

Ce temps n’est plus : 48% des exportations du Royaume Uni sont à destination de l’Union européenne, la City se distingue dans les transactions en euros, et le Royaume Uni ne doit son existence en tant que puissance moyenne qu’à son appartenance à l’Union européenne.

Certes, l’Union européenne est diverse et donc compliquée, certes à la paix gagnée n’a pas encore succédé la prospérité, certes certaines de ses compétences pourraient être discutées, certes les citoyens européens rêvent que leur soit donnée davantage de proximité avec les institutions, certes le parlement européen pourrait disposer de davantage de pouvoir de décision,

mais l’Union européenne ne marginalise aucun de ses membres qu’elle a intégrés depuis 1957 et dans le monde qui avance et donc qui change, où d’autres pays émergent sur la scène économique, redéfinissant d’autres équilibres, l’Union Européenne.existe, alors que ses pays membres, s’ils étaient souverains, seraient exclus de cette redistribution des rôles.

Le Ministre des Affaires étrangères, Laurent FABIUS, s’exprimait en ces termes récemment : « L’Union européenne, c’est un club de football. On adhère à ce club, mais une fois qu’on est dedans, on ne peut pas dire que l’on joue au rugby. » De même peut-on suggérer au Royaume Uni que l’Union européenne ne peut pas uniquement servir à acheter des joueurs de football !

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