Question diverse posée par Jérémy FAVRE concernant la mise en place sur Oullins des nouveaux rythmes éducatifs

Monsieur le Maire,

Manuel Valls, le Premier ministre, a dévoilé ses intentions lors de son discours d’investiture devant l’Assemblée Nationale. Il a clairement annoncé la poursuite de la refondation de l’Ecole, comme s’y est engagé aussi lors de sa prise de fonction et ses premières déclarations le nouveau ministre de l’Education Nationale, Benoît Hamon. La réforme des rythmes scolaires et ses conséquences en termes de politique éducative territoriale sont confirmées.

Ma question sera donc très concrète :
Envisagez-vous dans un futur proche d’informer le Conseil municipal sur le projet de votre Majorité concernant la mise en place sur notre commune du décret portant modification des rythmes éducatifs et d’en débattre au sein de notre assemblée ?

Seule une politique publique peut garantir cet élan pour l’accès au bien commun qu’est l’éducation tout au long d’une vie humaine, et les premiers pas sont ici essentiels : ils appellent l’engagement des parents, des familles, de l’Ecole, des institutions culturelles et éducatives publiques, des associations et des acteurs économiques et sociaux. C’est à l’Etat et aux collectivités territoriales d’en permettre la mise en œuvre et de créer les conditions du droit commun pour toutes et tous et l’exercice de cette responsabilité partagée.
Alors oui, les nouveaux temps scolaires, les activités éducatives et les PEDT ont quelquefois été compliqués à mettre en place, mais beaucoup moins qu’on ne l’a fait croire. Enfants, parents, enseignants, associations et collectivités… Ils sont plus des 3/4 à se dire satisfaits, ce qui ne signifie pas qu’il ne faille pas encore améliorer les projets.
Oui, ces nouveaux temps scolaires pour mieux apprendre ne sont pas le seul moyen pour relancer la démocratisation de l’Ecole, rompre avec la machine à trier qu’elle est trop souvent devenue. D’ailleurs, la loi de refondation comporte bien d’autres dimensions qui se concrétisent déjà : formation professionnelle des personnels, refonte du socle commun et des programmes, scolarisation des moins de 3 ans, lutte contre le décrochage, service public du numérique, école inclusive, éducation artistique, parcours d’orientation, éducation morale et civique, cycles et innovation pédagogique…
Oui, l’Education nationale est parfois retombée dans ses vieux travers : fixer seule la règle du jeu et normaliser là où,à contrario, la concertation, la coopération, la créativité et la confiance sont les clefs des projets réussis.
Oui, certaines collectivités ont éprouvé des difficultés budgétaires, de locaux, de ressources en animation, mais pour plus de 80% d’entre elles, les ont résolues et ont pris leur part décisive à ce nouvel élan éducatif, alors qu’encore une fois aucune obligation ne leur est faite. Oui, des associations ont du mobiliser leurs ressources et activités et aussi modifier leur organisation avec des animateurs inquiets à juste titre de la trop grande précarité de leur travail.
Oui, les besoins en animateurs qualifiés, professionnels, volontaires ou bénévoles, sont immenses, mais ce n’est pas un problème, c’est un défi à relever, riche de promesses et de qualités acquises et reconnues, pour la jeunesse notamment.
Oui, l’occasion n’est pas suffisamment saisie de rassurer les habitants sur les talents qu’ils ont et qu’ils peuvent faire partager aux enfants de leurs villes et villages en participant à ces nouveaux projets éducatifs de leurs territoires.
Alors oui, dans un moment où de nombreuses familles sont frappées par le chômage et la pauvreté, dans une France qui s’affiche au 6ème rang des pays les plus riches du monde mais compte 2 millions d’enfants qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, dans un pays où la tentation des replis est lourde de conséquences alors que les budgets publics de l’Etat et des collectivités et des organismes sociaux sont sous contrainte, il va falloir choisir.
Mais si choisir c’était renoncer à de meilleures conditions pour apprendre à l’Ecole et renoncer à poursuivre et amplifier ce nouvel élan éducatif, ce renoncement, qui serait aussi une absence de courage, serait une véritable amputation de l’avenir.
Une amputation faite pour préserver les positions acquises, nées dans les meilleurs héritages de celles et ceux qui trouvent leur avenir posé au pied de leurs berceaux. Une amputation qui sonnerait notre acceptation collective de continuer à maltraiter l’avenir de nos enfants et de la France.
A toutes celles et ceux qui n’ont pas manqué de lui rendre hommage, rappelons ce qu’en disait Nelson Mandela : « Il ne peut y avoir plus vive révélation de l’âme d’une société que la manière dont elle traite ses enfants ».
Monsieur le maire, le débat largement ouvert, au sein de notre assemblée, mais aussi avec tous les acteurs rassemblés, et non une concertation cloisonnée, est urgent :

Un débat d’échange, de réflexion et de travail, loin de ceux auxquels vous avez habituez les Conseils d’Ecoles et les Parents d’Elèves ces derniers jours, tant les enfants oullinois comptent sur nous pour porter ce qui doit permettre une nouvelle et grande mobilisation pour prendre soin publiquement et collectivement de ce bien commun qu’est l’Education.

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