Mon discours lors du Meeting du mercredi 30 mai à Francheville

Après des mois de campagne inlassable où rien ne m’aura arrêtée – pas même le renoncement à la grasse matinée du dimanche pour assister à 7h du matin sous une pluie battante au départ des cyclistes du club fidésien et m’extasier sur leurs mollets de loin plus sportifs que les miens, ni les impressionnants tatouages des motards rassemblés à Irigny, qui reconnurent aussitôt à mon approche l’improbable fan en m’accueillant par la phrase « vous n’êtes pas motarde vous ! ni même le collage d’affiches précédant la messe de 9h à Tassin ou à minuit à La Gravière surprise en flagrant délit par JC , ce soir je suis émue, émue parce que nous sommes rassemblés avant le 1er tour de l’élection législative.

Jusqu’ici, me direz-vous, quoi d’extraordinaire pour un meeting !

Certes, mais notre rassemblement ce soir fleure bon le contrat de génération, cher à François Hollande : un arbre, je n’oserais dire séculaire, de peur que la métaphore ne soit mal interprétée, pourquoi ne pas penser à un cerisier, et de jeunes pousses, pourquoi pas les cerises, qui doivent leur mûrissement à l’enracinement solide de l’arbre et qui par leur apparition printanière prolongent  sa longévité et lui assurent sa vivacité !

L’arbre, vous l’aurez compris, ce sont René et Charles ! René qui en proposant une autre histoire aux Franchevillois en 1989 a su leur raconter depuis un récit ininterrompu, balisé d’équipements culturels comme la médiathèque ou le Fort du Bruissin, de structures d’accueil du jeune enfant dans chaque quartier, de services municipaux décentralisés, d’instances participatives, d’espaces sportifs, de lieux intergénérationnels, ne s’accordant que la pause permanente de l’écoute et de la proximité.

Et depuis 1989, les Franchevillois ont Francheville dans la peau, pour ne pas dire au cœur, et s’ils ne votent pas toujours à gauche, ils votent toujours et encore pour leur maire, parce qu’il est le seul à gauche à ne pas être victime du mal tout récemment diagnostiqué par la droite : le « laxisme congénital ».

Charles lui nous transporte aussi depuis 1981. Grâce à Charles et à la LOTI (la loi d’orientation des transports intérieurs), nos déplacements ont vu la vie en rose, il a même su parler en douceur aux camionneurs ! J’ai compté et recompté les années pour arriver à cette conclusion qui m’inspire : Charles, tu as été jusqu’en 1988 député dans le Val de Marne tout d’abord, puis dans le Rhône, et tu as quitté l’Assemblée Nationale à l’âge où j’aspire à y entrer !

Et en Charles, qui fut Ministre d’Etat et député et qui est aujourd’hui maire adjoint d’un village dans le Haut Var après en avoir été le maire, réside toute la simplicité que nous reconnaissons aux grands hommes, celle-là même qui fait l’exemplarité de notre président de la République. Et dire que Mr le Ministre s’est excusé l’autre jour, lorsque je l’ai appelé, de m’avoir refusé une première invitation à une réunion thématique et que sans la moindre hésitation il a répondu spontanément à mon appel de soutien aujourd’hui.

Ta présence ce soir à mes côtés et ton soutien m’honorent, Charles, je cours de commune en commune dans notre circonscription, ce beau  flambeau à la main. Tu es en quelque sorte ma formation continue tout au long de la vie. De candidate sympathisante sur une liste municipale à Oullins en 2001, avant d’être candidate adhérente en 2008, puis candidate sur la liste des Régionales en 2010 et candidate suppléante de Jean-Louis Ubaud aux cantonales 2011, les adhérents m’ont désignée le 1er décembre dernier pour que je représente 11 ans plus tard le parti socialiste dans la 12ème circonscription et que je me bouge pour contribuer à donner une majorité à François Hollande.

D’autres, bien sûr, qui partageaient la même ambition que moi, auraient souhaité que cette responsabilité leur incombe, mais je ferai mienne la réponse de Martine Aubry, interrogée sur sa non nomination au gouvernement : « Nous sommes tous utiles là où nous sommes ! » Chacun, chacune  lorsqu’il a un mandat, une responsabilité a le devoir de se préparer  pour accompagner et soutenir  ce militant devenu candidat,  qui à son tour sera à ses côtés le moment venu.  C’est dans cet esprit  que j’ai toujours  conçu mon engagement, dans l’unité et le collectif au service de nos concitoyens

René, Charles, Jean Louis , Conseiller général Rhône, mais aussi Claude, Rachid , Gilles, Lionel, Michel, Renée , Eric , Pierre, André , Pascale, Alain, Catherine , Gérard , et bien d’autres qui m’excuseront de ne pas citer leurs prénoms et vous tous ici réunis, je vous remercie d’être là ce soir, à mes côtés, et de m’accompagner à 15 jours du 1er tour du scrutin pour que fidèle à vos sources, je puisse aller vers la mer, l’Assemblée Nationale, que je voudrais bien rajeunir et féminiser puisque les députés y ont majoritairement plus de 60 ans (Terrot lui-même aimerait l’aménager en maison de retraite !) et que les femmes n’y sont que très faiblement représentées.

Et si toi René et toi Charles êtes à la source, le contrat de génération serait caduc si les jeunes n’étaient que spectateurs. Leur présence nombreuse à mes côtés ce soir bien sûr, mais avant tout leur implication durant la campagne : Jérémy, à qui je vous demande de faire une ovation, Thibaut, JC, Yann, Arthur, Antoine, Abdou, Raphaël, Julien, Kaoukeb, Charley, Michaël, Camille me font dire que f. Hollande a réussi à enfiévrer la jeunesse, en plus d’avoir rassemblé au-delà de la gauche et d’avoir redessiné un horizon d’espoir et de confiance aux Français. Car comme l’écrivait Georges Bernanos «  C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents. »

Voilà près de 30 ans, et oui 30 ans, qu’enseignante je prépare les jeunes à être les citoyens et les inventeurs de demain, 30 ans que je les découvre d’année en année, les uns réservés, les autres plus extravertis, certains déjà brisés par une situation familiale dont ils n’osent pas parler, d’autres heureux de vivre entourés dans leur foyer, fut-il recomposé, certains traumatisés par des guerres qu’ils ont fuies, certains exilés, dépossédés de leur patrie qu’ils s’efforcent de reconstruire en France, d’autres encore riches des deux cultures qu’ils n’ont aucune envie de dissocier.

30 ans que je m’interroge avec eux et que j’essaie de souffler sur l’étincelle en eux qui leur donnera assez de force vive pour croire en leur capacité à faire mieux et à envisager avec confiance et curiosité l’avenir qu’ils vont devoir construire et auquel leurs parents et grands parents les auront préparés.

Car nous sommes tous, eux et nous,  bâtisseurs de l’avenir, et si les jeunes apprennent à grandir un certain nombre d’années dans le lieu où doit briller l’âme de la justice, celle qui octroie à tous une égalité des chances par les seuls critères possibles que sont le travail , l’effort et le mérite, et celle qui rassemble tous les enfants de France pour qu’ils acquièrent la liberté de conscience et le respect de la vie commune, c’est pour s’élever au-delà de nous et devenir la prochaine génération de bons citoyens qui accèdera à son tour à la responsabilité.

S’ils sont si nombreux ce soir à nos côtés, si promptes à tweeter et à dialoguer sur la toile, si inventifs pour imaginer de nouvelles présences militantes et pour les mettre en oeuvre, ssi spontanés pour intervenir en réunions thématiques et nous éclairer de leurs compétences, si  disponibles pour nous rejoindre sur les marchés sur lesquels d’habitude ils ne marchandent guère, si infatigables à recoller jusque tard dans la nuit les panneaux surveillés de près et de jour par l’UMP, si empressés et dynamiques et pourtant si zen, c’est que la droite qui n’a de populaire que celle dont se réclame Mr Terrot est définitivement ringardisée et dépassée : au conflit de générations que la droite et avec elle Michel Terrot n’a de cesse de susciter, nous la gauche répondons par un contrat, le seul contrat qui vaille , le contrat de génération ! Tous, nous retroussons les manches pour balayer le CDD sur CDD réservé aux jeunes pourtant formés, les stages non rémunérés, les premiers emplois à temps partiel subi dont hérite la majorité des jeunes filles à leur arrivée sur le marché du travail.

Nous retroussons les manches pour dépoussiérer l’expérience des salariés qui ont de l’ancienneté qui brillera désormais de mille feux de savoir faire. Notre contrat jamais ne sera de les opposer les uns aux autres, mais il consistera à ce que l’embauche des uns soit le maintien dans l’emploi des autres, notre société étant désormais réunie dans une même communauté de destins.

De l’histoire des emplois associatifs que la droite et avec elle Michel Terrot a momifiés et congelés dans le passé et tous ceux aidés qu’elle a supprimés, nous la gauche écrivons une nouvelle page, celle des emplois d’avenir qui signent la reconnaissance d’une action, celle des associations, et facilitent l’insertion des jeunes dans l’emploi.

Pour répondre à la vague d’inégalités, dans lesquelles la droite et avec elle Michel Terrot n’a pas honte de noyer les enfants dès leur plus jeune âge, nous la gauche les sortons de l’eau, en accueillant les enfants de moins de 3 ans en maternelle et en repensant leur rythme scolaire pour qu’il soit adapté à leur capacité d’apprentissage.

C’est ailleurs en Europe, hier tant décriée et accusée par la droite et avec elle Michel Terrot, que nous trouverons les modèles pour faire de nos enfants des êtres équilibrés, des êtres qu’une sensibilisation culturelle aura enrichis, épanouis et qui s’avanceront pleins d’envies dans la vie au lieu d’être précipités dans l’abîme du décrochage et d’y être abandonnés à raison de 150 000 par an.

Si je vous dis « Ce siècle avait deux ans », aussitôt se rappelle à vos mémoires notre fierté nationale, Victor Hugo. Si je vous dis ce soir « ce siècle a 12 ans », c’est une autre fierté nationale qui s’exprime, l’élection de François Hollande et avec elle le retour à une soicété apaisée et la confiance retrouvée qui s’éveille, la confiance en notre pays qui a toujours su affronter les épreuves et relever les défis, la confiance en une France diversifiée, engagée pour ses enfants, solidaire de ses aînés, admirative de ses chercheurs, respectueuse de ses ouvriers, convaincue de ses services publics, reconnaissante à ses agriculteurs, dévouée à ses entrepreneurs, fidèle à ses artistes… Et c’est au service de ce rassemblement-là, au service de l’intérêt général et non de l’intérêt particulier que nous devons penser et élire l’Assemblée et ses députés.

Nous aurons, aujourd’hui candidats pour la majorité présidentielle, et demain députés si les électeurs nous en donnent mandat, la responsabilité de faire voter des lois justes, le seul critère qui puisse animer notre volonté de changement pour le progrès et déterminer les choix de l’Etat. Chaque loi devra désormais être votée en fonction de qu’elle représente de justice ou pas. Nous avons besoin dans notre circonscription de cette nouvelle perspective, c’est cela le changement, et de la soigner définitivement de l’amnésie dont souffre le député sortant, lui qui a voté à Paris toutes les lois régressives et s’est toujours efforcé de se recomposer un visage de bienfaiteur dans le TGV qui le ramenait dans la circonscription.  La justice ne s’achète pas à coup de subventions diverses, elle se réfléchit, elle est la seule référence, le seul critère qui prévaut avant de voter une loi et d’en proposer une, mais le député sortant ignore encore après 26 ans de mandat que le rôle d’un député est de proposer des lois – nul besoin qu’il récidive pour enfin apprendre, ayant commencé tout jeune, nous lui accordons cette justice, il a ses annuités, il peut partir à la retraite !

En ce qui me concerne, je m’engagerai aussitôt, si je suis élue, pour appuyer le travail de Michel Sapin et celui de Najat Vallaud Belkacem sur la reconnaissance de l’égalité salariale homme femme et sur le droit des femmes en général. Je suis fière d’adhérer au seul parti qui ait promu une loi sur la parité et qui la respecte, contrairement à l’UMP qui n’atteint que 28% de candidatures féminines. Une de mes premières propositions de loi sera de comptabiliser pour la retraite les congés parentaux, la plupart du temps pris par les mamans, qui ne sont à ce jour que validés, car comme l’écrivait Montesquieu « Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste ».

Mon travail en tant que députée sera aussi mon engagement pour aider à repenser et reconstruire l’Education et la formation, à faire en sorte que l’épanouissement personnel, la construction de soi que permet une pratique culturelle soit compatible avec l’apprentissage des savoirs en milieu scolaire et un accompagnement personnalisé pour les plus en difficultés, quelle que soit l’origine sociale, socio professionnelle et familiale des familles et que sur cette base les enfants devenus adolescents ne sortent plus sans qualification de notre système scolaire et soient conscients de la place qu’ils occupent dans la société et dont ils ne doivent plus se sentir exclus.

Avant cela, il nous appartient à tous de convaincre de la nécessité du changement partout, après le sommet de l’Etat, dans notre circonscription. Il nous reste moins de 15 jours pour renforcer notre présence, multiplier nos efforts, accroitre notre fatigue, chaque porte frappée, chaque document confié, chaque affiche collée, chaque dialogue entamé est une promesse de victoire. Ma conclusion sera de vous citer Talleyrand qui disait que « le premier mouvement est toujours généreux », puis Catulle bien avant lui « la victoire aime l’effort ».

Pas de commentaires pour le moment

Laisser un commentaire

Votre commentaire:

Permanence des élus

N'hésitez pas à nous contacter pour échanger !

Sur Rendez-vous : par mail : contact@oullinsdemain.fr ou par téléphone : 06 87 55 14 42

Maison des sociétés - rue Raspail - 1er étage