le personnel municipal serait-il malmené par la majorité à Oullins ?

Conseil municipal du 4 juillet 2014

Mon intervention sur la création d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail entre la ville d’Oullins et le centre communal d’Action sociale d’Oullins

Qu’attendre de la création d’un comité technique et d’un comité d’hygiène et de sécurité communs entre la ville d’Oullins et le centre communal d’action sociale ? Tout d’abord que les organisations syndicales aient été consultées, qu’elles aient pu exprimer leur souhait de maintenir le caractère paritaire de l’instance, ensuite espérer de cette fusion qu’elle n’étouffera pas la représentativité des organisations syndicales, présentes dans l’un et l’autre comité et qu’elle ne servira pas une représentation hégémonique qui contredirait le dialogue social que la loi du 5 juillet 2010 avait pour but de rénover, mais il semble qu’un accord ait été trouvé pour les élections du 4 décembre prochain avec 4 élu/es et 4 suppléants.

Mais comment expliquer que la création de ce comité technique et du comité d’hygiène et de sécurité communs entre la ville et le CCAS serve l’arrivée d’un troisième syndicat, la CFTC, alors qu’il n’était pas présent jusqu’alors à Oullins ? Jamais deux représentations syndicales, quand bien même contestent-elles parfois les décisions de la direction générale des services, en remorquent une troisième lorsqu’il y a fusion entre deux comités dans lesquels cette troisième n’était pas représentée. La question s’impose : Aurait-elle été appelée au secours de la gouvernance ?

Et puisque cette délibération nous sensibilise sur les missions du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dans la fonction publique territoriale, qu’elle insiste sur la protection mentale et physique des agents, sur l’amélioration des conditions de travail sous le contrôle de représentants de la collectivité mais aussi de ceux des organisations syndicales, elle est l’occasion de s’arrêter et de faire le point sur les conditions de travail auxquelles est soumis le personnel municipal par notre collectivité.

J’ai écouté attentivement le discours de Mr Tranchard lors de la réception donnée le 25 juin dernier : il y parlait de solidarité, d’un climat de confiance, il faisait du respect du personnel la base d’une bonne communication et se disait fier des décisions communes prises, il  vantait la démocratie sociale directe, le dialogue avec les partenaires, il considérait les ressources humaines comme le meilleur atout d’un travail efficace, cette apologie était de taille à persuader n’importe quel auditeur qu’Oullins avait une longueur d’avance sur la loi du 5 juillet 2010.

Pourtant, des pans entiers de services, pour ne pas dire des services entiers étaient absents de cette fête du climat social du 25 juin dernier. Le démantèlement des services municipaux que vous ordonnez aux chefs de service eux-mêmes, après les avoir flattés sur leur excellence management et leur avoir assuré que les élus étaient contents de leur travail, et l’apparition sans concertation de pôles et d’un nouvel organigramme,  sans que les agents ne soient informés de l’ampleur de la restructuration interne, le retrait de certaines de leurs responsabilités à des chefs de service, au point que cette privation est considérée à raison comme une sanction illégale et contestable, la disparition sans information de certains services, le rattachement inédit de certains agents à de nouveaux chefs de service, le report à après les élections de nouveaux cycles horaires, que vous n’avez pas davantage exposés à la concertation  sont autant de contradictions apportées à ce climat social et de confiance auquel Mr Tranchard se référait  et à la mission d’amélioration des conditions de travail avancée dans cette délibération. Pire, ces pratiques autoritaires avant même d’être une insulte au dialogue font régner un climat de mal-être au sein du personnel municipal que vous seriez bien les seuls, vous élus de la majorité, à méconnaître. Ces décisions prises par l’autorité sans explication rationnelle et dans le non respect de l’humain, la communication abrupte de ces décisions par le directeur général des services relèvent de violences psychologiques inaugurées si j’ose dire par l’éviction des Directeurs généraux adjoints, Mr Juffet et Mme Thomas Chaffange, dès l’arrivée de votre directeur général des services à la mairie d’0ullins. Dois-je vous rappeler, vous qui vous dites si respectueux de l’agent public, donc de celui des citoyens et que Mr Juffet est toujours sans affectation payé à rester chez lui. Ces deux évictions ont suscité un premier malaise que vous auriez pu apaiser, si votre objectif avait été de travailler dans l’harmonie. Pourtant le malaise s’est installé durablement après que vous avez usé de pratiques non déontologiques en adressant un mail à tout le personnel lui parlant de décision absurde lorsque vous parliez de celle du préfet, de vos recours en justice pour contrer l’installation des demandeurs d’asile albanais et de votre mobilisation pour vous opposer à ce choix par des manifestations et pétitions, lorsque ensuite vous avez imposé un manque de neutralité aux fonctionnaires, en distribuant en interne par du personnel municipal dans les services ayant un accueil du public, tracts retirés, je me permets de vous rafraichir la mémoire, à la demande du service communication après la fameuse manifestation, puis encore dans les commerces vos tracts prônant votre rejet politique des demandeurs d’asile et que plus tard encore  vous n’avez pas acté la démission du CTP d’une élue syndicaliste, démission qui est parvenue pourtant par mail à votre directeur général des services avec copie aux ressources humaines le 16 décembre 2013, où la personne faisait mention de déontologie et de raisons familiales et privées pour justifier sa démission et qui semble avoir été manipulée pour siéger à nouveau, n’entérinant sa démission qu’en juillet passé.

Des pratiques inconcevables, assez inhumaines à vrai dire, qui  mettent à mal les beaux discours de dialogue et de confiance entendus récemment.

Vous considérerez à tort que la défense du personnel municipal que j’exprime ce soir n’est pas le sujet de la délibération qui nous est présentée : je considère qu’elle se prête bien au contraire à faire le point sur les conditions de travail qui règnent au coeur du personnel municipal. Le facteur humain est sacrifié. Absence de concertation, brutalité de la méthode, management pyramidal, où vous préférez l’entretien face à face individuel à la négociation collective, où l’usure des personnes prime sur la satisfaction de la concertation, régime indemnitaire et promotions opaques pour certains agents occupant pourtant la même fonction.

Voilà donc l’état de vos services et de vos méthodes : les discours ne sont qu’une façade, à l’intérieur de la maison, l’ambiance due à votre gestion du personnel est profondément délétère.

Il nous importait de révéler ce qui vous tenez caché. Sachez que lorsque l’on maltraite moralement les personnes qui nousentourent, en l’occurrence le personnel municipal, dont le travail remarquable instruit celui des élus et contente la population, la peur ou la fuite s’imposent, non le respect envers l’employeur pas plus qu’une saine collaboration.

Nous voterons pour la création de ces comités communs que nous jugeons favorable au personnel municipal et à la défense de leurs droits.  

 

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