La santé : un droit pour tous sans surcoût

Beaucoup d’entre vous ont entendu parler des maisons de santé, prônées comme solutions aux déserts médicaux. Ce sont des dispositifs où se regroupent des médecins libéraux qui proposent ainsi par leur pratique groupée et leurs échanges extrêmement riches une prise en charge privilégiée des patients tout en bénéficiant de conditions d’exercice meilleures.

La politique de santé que je défends est un accès aux soins pour tous et une médecine qualitative et non quantitative, mais c’est aussi une médecine menant une politique rigoureuse des coûts qu’elle induit pour la sécurité sociale.

Le Centre de santé est sans conteste la réponse à mes exigences. Je l’ai compris grâce à l’échange que j’ai eu avec Mr Nauche, directeur de l’un des quatre centres de santé, implantés dans la région lyonnaise, que j’ai pris l’initiative de rencontrer et de questionner sur le fonctionnement associatif du Centre de santé polyvalent de Pierre Bénite.

Quels médecins pratiquent dans votre centre ?

Des médecins généralistes, mais aussi des dentistes, des gynécologues, des ORL, des ophtalmologues, des dermatologues et des radiologues. Tous ont l’obligation de faire des activités de secteur 1.

Quels avantages le patient a-t-il à se faire soigner dans votre centre de santé ?

Comme dans les maisons de santé, nos médecins partagent pour exercer dans un même lieu un dossier médical unique : ils garantissent ainsi un service de qualité car le patient n’est pas soigné sur un symptôme, mais dans sa globalité.

Le centre de soins contribue-t-il à creuser le trou de la sécurité sociale ?

Le dossier médical unique constitue en soi une réelle économie pour la sécurité sociale car les patients ne multiplient pas les visites chez des médecins différents. Certes, il faut financer l’occupation des locaux, le nettoyage, la  performance  informatique, le personnel de direction, mais l’ensemble de par son fonctionnement coûte beaucoup moins cher à la sécurité sociale. L’organisation nécessaire en termes d’outils et de personnel pour pratiquer le tiers payant qui est une obligation légale sur la partie sécurité sociale incite le centre à le proposer également aux mutuelles qui l’acceptent.

L’originalité du centre consiste encore dans le salariat du personnel médical, grâce auquel les médecins, contrairement aux maisons de santé, ne sont pas rémunérés à l’acte. De fait, la connaissance du patient, de son mode de vie, de ses  troubles sont une priorité et la consultation « éclair » n’existe pas, la consultation n’est pas dictée par le seul soin du symptôme.  Les médecins ne courent pas après un chiffre d’affaires qui génère l’enchainement précipité des consultations.

Le fait que les médecins soient salariés  a un autre avantage : l’association contribue financièrement à la formation continue de son personnel qui du coup devient obligatoire : les médecins sont ainsi appelés à toujours être informés et formés aux nouvelles pratiques.

Comment se finance alors un Centre de santé ?

Il se finance d’abord par les actes qu’il produit, mais bénéficie aussi de la prise en charge de certaines charges par l’assurance maladie comme c’est le cas pour tous les médecins conventionnés. En revanche, son autonomie n’est pas forcément totale : il a besoin de financements municipaux. Le Centre de santé de Pierre Bénite est financé par exemple à hauteur de 0,3% par la municipalité de Pierre Bénite qui lui met aussi à disposition le bâtiment.

Est-ce à dire que seuls les Pierre Bénitains ont droit aux soins de premier recours au Centre de Pierre Bénite ?  

Non, le centre est ouvert à tous, 12 000 personnes y viennent consulter par an, dont seuls 40% sont des habitants de la commune. Oullins, Irigny, Saint-Genis Laval, communes limitrophes, sont le berceau d’où sont originaires les 60 autres % des patients. Contrairement à l’idée reçue aussi, les bénéficiaires de la CMU ne représentent que 11% de nos patients.

Comme moi, vous vous posez alors une question logique : la pérennité du centre ne passe-t-elle pas par le cofinancement par les municipalités dont les habitants fréquentent le centre ?

Le financement des soins de premier recours devrait effectivement relever d’une réflexion nationale. D’autre part, les communes devraient mener elles aussi une réflexion sur l’intercommunalité, garant d’économies importantes pour les collectivités locales. Est-il normal que la ville de Pierre Bénite consacre 3% de son budget au financement du centre de santé et que ces 3% ne servent qu’à 40% de sa population et que le financement Pierre Bénite profite à une population originaire à 60% d’autres communes qui elles s’abstiennent de participer ? Le bon sens n’imposerait-il pas que les communes environnantes mènent cette même réflexion sur les besoins de création d’un centre de santé dans un bassin de population et mutualisent le financement pour soutenir son existence ?

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