Elections en tunisie

Le 23 octobre restera à jamais une date historique pour la Tunisie. Les Tunisiens vivaient en effet leur premier scrutin libre et ils se sont massivement et avec une grande fierté rendus aux urnes. Avec 41% des voix, le parti Ennahda est le grand vainqueur de cette élection.

Le respect que nous devons à ce choix démocratique ne nous interdit nullement de nous interroger sur les raisons de ce succès : La victoire du mouvement de Rached Ghannouchi signifie que la question identitaire est toujours d’actualité en Tunisie. Elle montre en effet un désir de retour de l’islam dans l’espace social dont les Tunisiens espèrent qu’il garantira la liberté religieuse. Néanmoins, ce fort résultat confirme l’existence en Tunisie d’une majorité conservatrice, dont on peut expliquer l’attachement à la religion par des années de répression. La plupart des Tunisiens estime en effet que l’authenticité et l’identité arabo-musulmanes du pays ont souffert des années de Bourguibisme et de Bénalisme et qu’elles sont désormais libérées. A l’évidence, le parti Ennahda jouit d’une très bonne image pour beaucoup de Tunisiens. Faut-il rappeler que le passé militant de ses dirigeants lui a valu de payer le plus lourd tribut à la dictature de Ben Ali ?. Soumis pendant 23 ans à un régime corrompu, les Tunisiens sont aujourd’hui très méfiants à l’égard des partis politiques, ce qui explique qu’un parti islamiste modéré, qui a lui-même souffert de la répression, puisse inspirer davantage confiance. Ses années d’exil ont par ailleurs donné à ce parti l’espace nécessaire à son organisation, rendue impossible sous Bourguiba.

Conscient de susciter des peurs et décidé à convaincre encore, Ghannouchi multiplie les déclarations apaisantes depuis sa victoire. « Chacun vivra selon ses convictions dans le cadre de la loi », « le mode de vie des Tunisiens ne sera pas touché », a-t-il encore assuré. Après vingt ans d’exil imposé aux membres de cette formation, Ennahda s’est employé à présenter un visage modéré et moderne, se réclamant ouvertement du modèle Turc. Le parti ne veut pas imposer la charia (loi coranique que la Libye voisine veut prendre comme source de sa législation) et ne remettra pas en cause le statut de la femme tunisienne, le plus avancé du monde arabe.

Le respect de la démocratie exige que les Tunisiens d’abord et le monde ensuite donnent sa chance à Ennahda. Seule sa pratique du pouvoir infirmera ou confirmera la justesse des accusations de double discours dont il est l’objet. A la lueur des quelques actualités postérieures à l’élection d’Emnahda, comme la fermeture d’une boite de nuit à Tunis, sous raison d’interdire la vente d’alcool après 23h, mais connue avant tout pour être le lieu de rencontre de la communauté homosexuelle tunisienne, notre vigilance s’impose néanmoins.

A regarder le chemin parcouru cependant, je considère que l’avenir qui s’offre à la Tunisie peut s’avérer être une chance et non une menace.

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