Conseil Municipal du 3 Octobre 2014 Intervention d’Odile LEPETIT sur les subventions aux associations dans le cadre des nouvelles activités périscolaires.

La délibération que vous nous soumettez ce soir propose  bien qu’intitulée « subventions aux associations » de rémunérer les opérateurs ou prestataires que vous avez missionnés pour la mise en œuvre de la réforme des rythmes éducatifs sur Oullins.

Nous nous abstiendrons sur cette délibération qui est la conséquence de votre projet de mise en place des rythmes scolaires contre lequel nous avons voté en juillet dernier.

Nous regrettons que les associations oullinoises soient si peu nombreuses dans le paysage des activités proposées. Nous regrettons aussi que le théâtre de la Renaissance n’y apparaisse pas : nos associations ne mettent en œuvre que 22 ateliers sur les 47 proposés dans le cadre de la réforme. Cette réalité ne fait que confirmer notre conviction et la réflexion que nous vous avions soumise de longue date concernant la nécessité absolue de mettre en œuvre un projet éducatif global, celui-là seul qui aurait fait naitre sur Oullins une véritable continuité éducative globale de territoire.

Devons-nous encore rappeler que notre système d’organisation du temps scolaire est un des plus mauvais d’Europe ? Pour que tous les enfants entrent favorablement dans les apprentissages scolaires, il était urgent de de le modifier. Ce constat a été unanimement partagé par tous les signataires de l’Appel de Bobigny : élus locaux de près de cent villes, parents d’élèves, mouvements pédagogiques et associations d’éducation populaire et syndicats. Depuis la rentrée 2013, le décret du 26 janvier sur les rythmes scolaires a ouvert de réelles perspectives pour refonder l’organisation des temps scolaires et reconnaît la nécessité de mieux articuler apprentissages scolaires, non scolaires et ressources du territoire.

La réforme des rythmes acte l’importance de faire évoluer le fonctionnement de l’Ecole dans l’intérêt de l’enfant. Dans cette optique, ne renonçons pas à la qualité des activités périscolaires.

  • Sur le fond, elles doivent promouvoir un accompagnement qui associe la culture, l’expression artistique, le sport, les pratiques numériques, les sciences, les techniques, l’environnement, la méthodologie de travail et de projet, la valorisation des compétences non académiques, la citoyenneté, la solidarité…
  •  Sur la forme, un encadrement qualitatif indispensable et quantitatif minimum doit être respecté. A ces conditions, le secteur associatif est prêt à innover et impulser des dynamiques pédagogiques enrichissantes pour le système. Il ne le fera pas seul.

Pour l’intérêt de l’enfant et de son éducation globale, il faut rechercher les complémentarités et interactions entre les temps, les espaces, les contenus et les acteurs éducatifs. Des projets éducatifs territoriaux ambitieux supposent donc une concertation effective entre collectivités, associations et équipes éducatives, pouvant aboutir à une organisation des rythmes adaptée au contexte local.Cela impliquede prendre le temps nécessaire à une élaboration véritablement partagée des projets de territoire.

Voilà comment notre groupe voyait la mise en œuvre de cette formidable chance pour les enfants oullinois. Malheureusement, la psychorigidité dont vous avez fait preuve réduit la mise en place de cette modification des rythmes au simple remplissage d’une grille d’activités périscolaires, dénaturant de son esprit premier la volonté des signataires de l’Appel de Bobigny.

Pourtant, la loi permet assez facilement, quand une collectivité locale et ses élus ne se sentent pas en capacité d’assumer une mission de service public, parce qu’en interne de la collectivité les ressources ne sont pas présentes ou pas en nombre assez important, la loi permet donc de déléguer la gestion de ce service à un partenaire ou un opérateur  afin qu’il apporte sa connaissance, son savoir-faire et ses moyens  à la collectivité.

Il n’est pas encore trop tard, Monsieur le Maire, pour admettre que vous ne disposez pas des capacités pour fédérer les forces vives de la commune, que ce soit la communauté éducative, les associations, les parents d’élèves, les mouvements pédagogiques et les associations d’éducation populaire.

Il n’est pas encore trop tard, Monsieur le Maire, pour nous annoncer ce que nous remarquons au quotidien : la concertation, l’échange n’est pas quelque chose que vous aimez pratiquer. Concertées lorsque vous avez fait volte-face et que vous avez décidé le vendredi après-midi, plutôt qu’être mises devant le fait accompli, les associations auraient pu être force de propositions. Tenue à l’écart des réunions très cloisonnées que vous avez organisées, l’opposition est de nouveau exclue du groupe de travail d’évaluation qui devrait se mettre en place à l’issue du trimestre : ridicule !

Oullins est une ville où les mouvements d’éducation populaire ont pris racine, Léo Lagrange, les Francas, La Ligue de l’Enseignement… Tous ces mouvements complémentaires se sont depuis le début engagés à accompagner l’Ecole, les collectivités et les associations pour la mise en œuvre des projets éducatifs territoriaux et à former les acteurs de ces nouveaux temps : personnels, animateurs, intervenants et bénévoles. Car ce qui est en jeu, c’est la capacité de notre pays d’assurer pour tous ses enfants l’égal accès aux savoirs émancipateurs, pour apprendre à faire les choix personnels, citoyens et professionnels qui jalonnent la vie humaine.

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