Conseil municipal du 29 juin 2017 : Mon intervention sur l’organisation de la semaine scolaire de 4 jours.

Intervention de Joëlle SECHAUD sur la délibération N° 27 : Organisation de la semaine scolaire de 4 jours.

Nous avons appris avec consternation la possibilité laissée par le nouveau gouvernement aux communes de brutaliser l’Education de nos enfants, à savoir permettre aux communes de réintroduire la semaine des 4 jours à l’école, et votre décision prise dans la précipitation de saisir cette occasion.

Deux réflexions tout d‘abord avant de vous exposer les raisons pour lesquelles nous pensons que vous commettez une grave erreur :

Le maire d’une commune n’a-t-il pas la responsabilité, avant de prendre une décision budgétaire et face à un défi majeur, celui en l’occurrence d’établir une égalité des chances à l’école, et à une situation complexe qui fait aujourd’hui se côtoyer rythmes des enfants, organisation des parents et finances de la vile, de prendre de la hauteur ? En avez-vous pris, vous qui  avez bouclé le sujet en à peine 15 jours quand il vous a fallu un an pour vous décider à mettre en place les nouveaux rythmes scolaires et davantage encore à élaborer un projet éducatif de territoire ?

Vous, maire d’Oullins, qui d’usage ne pratiquez jamais la concertation n’avez-vous pas la responsabilité, si vous souhaitez être crédible en vous engageant dans cette innovante démarche, de consacrer du temps à l’information complète ? Au lieu de cela vous l’avez orientée assistée de Mme Cariou, votre adjointe aux affaires scolaires lors de la réunion extraordinaire des conseils d’école le mercredi 14 juin dernier. N’aviez-vous pas la responsabilité l’un et l’autre de laisser libre la concertation interne au sein des conseils d’école auxquels vous n’avez pas laissé le temps de se réunir, avant de programmer un questionnaire en ligne aux parents dont ils ont été informés dans les carnets de liaison de leurs enfants ? Un clic, une réponse. Et tout ce stratagème pour court-circuiter les conseils d’école et les échanges entre parents.

Un responsable, élu, doit prendre de la hauteur et je vous citerai volontiers en exemple de prise de hauteur notre astronaute préféré, Thomas Pesquet. De retour sur terre, il explique, je le cite «  je ne serai pas arrivé là si je n’avais pas eu les parents que j’ai eus… Nos parents se sont pliés en quatre pour nous permettre de faire de la musique, du sport, énormément d’activités qui m’ont servi ensuite….J’avais une activité différente chaque soir de la semaine (foot, basket, natation, beaucoup de judo, des cours de saxophone et l’orchestre de musique symphonique),sur le moment je ne me suis pas rendu compte mais mes parents m’ont placé sur une bonne rampe de lancement »

Nous nous souvenons comment vous avez mis en place à reculons la semaine des 9 demi-journées : notre commune a attendu le dernier délai, vous avez refusé d’alléger les temps journaliers d’apprentissage, de différencier les rythmes des enfants de maternelle de ceux des enfants de l’école élémentaire, vous avez isolé les activités périscolaires sur le vendredi après-midi, dans l’espoir sans doute que les familles viennent chercher leurs enfants en fin de matinée. 70% des familles ont cependant inscrit à leurs enfants aux activités périscolaires et leur motivation n’est pas qu’organisationnelle. Certaines que nous avons interrogées nous ont dit que jamais leur enfant n’aurait pu découvrir autant de domaines et pratiquer autant d’activités autrement.

Il est vrai, à votre seule décharge, que l’aide de l’Etat apportée aux communes ne couvrait pas la dépense occasionnée. Mais l’Education est-elle une charge, quand il s’agit de réussite scolaire pour tous, ou est-elle un investissement ? Pourquoi des élus politiques ont-ils l’irresponsabilité de faire croire que tous les enfants entrent avec les mêmes atouts à l’école et que l’école n’a pas pour mission de développer d’autres cadres d’apprentissage grâce aux activités périscolaires pour que les enfants ne se contentent pas d’apprendre mais puissent transformer leur savoir en compétences ?

Vous n’êtes pas nommé, Mr le sénateur maire, dans les conclusions sur la réforme des rythmes scolaires, présentées le 7 juin dernier par le groupe de travail sénatorial.  Vos collègues élus pourtant, et deux d’entre eux se reconnaissent de votre groupe politique, recommandent de ne pas revenir sur le principe de la réforme, à savoir mieux répartir le temps scolaire. Ils préconisent en revanche de nouvelles possibilités et notamment de favoriser les initiatives et adaptions locales en plaçant la 5ème matinée de classe le samedi matin par exemple et non le mercredi ou bien de libérer un mercredi ou un samedi matin par mois compensé par la réduction des vacances scolaires.

La précipitation dont vous faîtes preuve est irréfléchie : ni vous n’avez procédé à une évaluation sérieuse des nouveaux rythmes scolaires et des activités périscolaires pour les enfants de notre commune, ni vous ne donnez le temps de discuter sereinement avec tous les acteurs concernés et investis pour envisager une initiative locale, ni vous n’accordez de crédit aux analyses scientifiques qui mettent en exergue la fatigue et la moindre vigilance des élèves qui ont eu à subir la semaine des 4 jours à l’école primaire et le creusement des inégalités dans l’accès aux activités car le temps libéré ne profite qu’à une classe d’enfants, nés dans des familles de niveau socio professionnelle plutôt favorisé, ni vous ne consultez le conseil municipal des enfants. Eux n’auraient rien à dire, quand c’est de leur rythme dont il s’agit et de leur devenir, leur voix ne serait entendue que quand il faut choisir un dessin d’enfant pour la fête de l’Iris.

Par votre choix et décision, car la consultation en ligne des parents et enseignants ne vous sert que de paravent, vous choisissez clairement l’école inégalitaire, absence de valeur qui ne doit pas être celle d’un maire d’une commune de plus de 26 000 habitants qui aspire à attirer de nouvelles familles avec de jeunes enfants.

Les associations intervenantes jusqu’à la fin de l’année scolaire 2016/2017 à Oullins sur les activités périscolaires du vendredi après-midi sont quant à elles mises devant le fait accompli à quelques jours des vacances scolaires d’été. Où se situe la relation de confiance entre la municipalité et les associations confrontées brutalement et sans dialogue à cette déprogrammation à la fois budgétaire, quantitative et qualitative. Ce ne sont pas les RV que vous avez fixés aux associations les unes après les autres dans la semaine du 19 juin que l’on peut qualifier de dialogue. Nous avons échangé avec certain/es président/es associatifs : Ils avaient déjà organisé la prochaine année scolaire, planifié, budgété. Ils vont devoir réorganiser leurs activités et licencier des intervenants.

Le fait que vous fassiez totalement fi des arguments scientifiques et que vous précipitiez à charger dès septembre 2017, puisque le décret est paru avant hier, mardi 27 juin, au Journal officiel, les journées des enfants en les punissant de la semaine des 4jours, alors que vous pouviez soumettre à l’évaluation la semaine des 9 demi-journées et des activités périscolaires durant la prochaine année scolaire  tend à prouver que votre logiciel éducatif est purement budgétaire. Tant pis si le rythme biologique des enfants est perturbé, tant pis si les enfants sont privés d’un large panel d’activités, dont la découverte aurait été essentielle pour leur devenir.

Vous optez pour la pire des solutions. Vous auriez dû lire le rapport de France stratégie sur les finalités de l’école, la note de synthèse  du rapport du Sénat, le rapport de l’Académie de médecine de 2010, le rapport de la conférence nationale sur les rythmes scolaires de 2011 et vous interroger sur l’intérêt des enfants au lieu de vous positionner sur celui des adultes.

Nous voterons fondamentalement contre votre procédé et votre décision.

Pas de commentaires pour le moment

Laisser un commentaire

Votre commentaire:

Permanence des élus

N'hésitez pas à nous contacter pour échanger !

Sur Rendez-vous : par mail : contact@oullinsdemain.fr ou par téléphone : 06 87 55 14 42

Maison des sociétés - rue Raspail - 1er étage