Conseil municipal du 28 juin 2018 : Mon intervention sur le compte administratif 2017

Il suffit de comparer les premières lignes du budget primitif 2017 avec celles du compte administratif 2017 pour comprendre comment Oullins est devenu un bateau ivre financier. L’encours de la dette, bien plus élevé à Oullins qu’ailleurs, que vous aviez estimé dans le budget primitif 2017 à 1277, 56€ par habitant écope de 91, 44€ supplémentaires dans le compte administratif. Avec 1369€ par habitant il atteint des records. Nous doutons que les Oullinois se réjouissent d‘apprendre qu’ils paient 251€ de plus que les habitants des autres communes de même strate pour rembourser ce que l’on peut appeler des erreurs de gestion.

Pas besoin de décrypter le compte administratif pour imaginer la suite : les investissements sont quasi impossibles, sauf à programmer des dépenses et à ne pas les mandater, c’est-à-dire à retarder les paiements sur l’année d’après, – les fameux crédits placés dans la colonne des restes à réaliser -, sauf  encore à faire semblant, c’est-à-dire à annoncer des investissements, à ouvrir des crédits dans le budget, puis à les annuler en fin d’année.

Concrètement, vous aviez programmé des dépenses au budget dans la section des investissements et donc ouvert des crédits. Vous en avez annulé 1 194 269,04€,  et repoussé 997 546,40€ à l’année suivante, que l’on retrouve en restes à réaliser, soit un total de dépenses non réalisées de 2 191 815,4€ !!!!

Que nous révèle la section de fonctionnement ? A la lecture des crédits ouverts puis annulés, elle fait apparaître que vous vous êtes attachés à réduire les dépenses de fonctionnement. On ne peut qu’y souscrire s’il s’agit d’économies d’énergie, de carburants, de télécommunications ou  de fournitures. On ne peut que s’en inquiéter, s’il s’agit de restrictions dans l’entretien des voiries et des bâtiments municipaux que l’on sait pour beaucoup anciens. Ces derniers auraient besoin d’être soumis à un bilan énergétique. A coup sûr, étant anciens, donc pas aux normes actuelles d’isolation, ils consomment bien davantage que les bâtiments neufs, gaspillent l’énergie et donc l’argent des contribuables. En signant de nouvelles conventions avec les associations auxquelles vous mettez à disposition des locaux mais auxquelles vous transférez la prise en charge des fluides, vous savez à ce sujet que sous couvert d’autonomisation vous les exposez à des surcharges financières.

La réhabilitation de l’école Jules Ferry est aux côtés de la Médiathèque emblématique de l’état des finances de la ville. Il reste encore 58 723,82€ de crédits à réaliser. Pour l’une cela auront été 10 ans de crédits ouverts, de restes à réaliser et de crédits annulés, pour l’autre à peine 2 ans de crédits ouverts et un surendettement qui immobilise les finances de la ville depuis et pour quelques décennies encore.

Les dépenses nécessaires aux travaux de l’école Jules Ferry vont donc se solder en 2018, nous espérons le vérifier au compte administratif prochain. Mais d’autres opérations d’investissement programmées et budgétées en 2017 virent en crédits annulés, c’est le cas du PPE Saulaie, du Centre de la Renaissance, du parc naturel Sanzy, du château de la Bussière et du jardin que vous appelez sans fin : Pour lui 80 000€ inscrits au budget 2017. On  ne retrouve plus que 58 000€ en crédits ouverts dans le compte administratif, amputés de crédits annulés à hauteur de 23 273,04€. L’explication réside dans ce que l’on pourrait appeler « l’inachevé du projet » : Les parcs ciblés ont été aménagés, la communication sur le patrimoine végétal et culturel de la ville est assurée, mais il manque la trame essentielle à l’ouvrage : Assurer aux promeneurs un parcours vert d’un parc à l’autre, à la fois protégé de la circulation automobile et sécurisé. Dans un projet d’écoville qu’attend tout habitant du XXIème siècle dans une métropole européenne, la nature en ville est indispensable car gage de qualité de vie et de préservation de la santé. Le projet de jardin sans fin, que nous avons au demeurant soutenu, passe à côté de la transformation écologique de notre ville : vous ne savez pas adapter ses aménagements aux modes de vie des habitants. Au lieu répondre à cette ambition, vous construisez des parkings, bricolez des bouts de voies cyclables, quand vous ne vous satisfaites pas d’un coup de peinture au sol des rues étroites, en contresens de la circulation.

Certaines recettes annoncées verbalement, compensant les dépenses engagées, n’apparaissent pas dans le compte administratif. Il en va ainsi du centre de supervision urbain aménagé pour vidéosurveiller les habitants. Vous aviez annoncé sa mutualisation avec la commune de Pierre Bénite, contribution très attendue pour permettre à Oullins de ne pas supporter seule les coûts. Cette mutualisation n’est plus d’actualité. Quant à celle que vous avez concédée à la commune de Grigny,  elle majore les coûts pour Oullins, au lieu de les atténuer. On attend tout le contraire d’une mutualisation.

En conclusion, ouvrir des crédits pour les annuler massivement ou reporter les dépenses au budget suivant est une stratégie financière qui malheureusement vous démasque : après avoir dépensé outrageusement dans des équipements aujourd’hui remis en cause par toutes les intercommunalités l’argent dont la ville ne disposait pas en empruntant auprès de banques privées et non de banques publiques, à des taux forcément élevés puisque vous n’apportiez pas la garantie de ville financièrement saine, vous faîtes vivre les finances au jour le jour.

Nous voterons contre le compte administratif 2017.

 

Pas de commentaires pour le moment

Laisser un commentaire

Votre commentaire:

Permanence des élus

N'hésitez pas à nous contacter pour échanger !

Sur Rendez-vous : par mail : contact@oullinsdemain.fr ou par téléphone : 06 87 55 14 42

Maison des sociétés - rue Raspail - 1er étage