Conseil municipal du 25 septembre 2015 : Mon intervention sur l’approbation du Contrat de ville métropolitain 2015-2020 et de la convention locale d’application pour Oullins.

Les deux dossiers qui nous sont présentés ce soir, l’un le contrat de ville métropolitain de 149 pages, l’autre la convention locale d’application pour Oulliins de 63, sont riches d’informations et d’actions programmées.
Je vais tout d’abord m’exprimer sur le contrat de ville métropolitain puisqu’en tant que projet territorial il emmène toutes les communes dont des quartiers ont été définis prioritaires ou en veille dans une dynamique où l’économie devrait être au service de l’emploi et de ses habitants, qu’il a en perspective de s’intéresser derrière les difficultés repérées aux humains qui les subissent, à leur vie et d’essayer d’en finir avec le cloisonnement des quartiers et des personnes en recréant au sein de notre vaste territoire élargi à la Métropole une cohésion sociale, enfin que les habitants de ces quartiers repérés en difficultés vont être non seulement cibles du contrat, mais aussi au cœur de la gouvernance, certains emploieraient l’expression tendance « devenir acteurs », participant au comité de pilotage.
Nous avons à faire à un contrat de ville rénové pour la Métropole : rénové parce que l’Etat a réexaminé la carte des quartiers en politique de la ville et a fixé dans la loi N°2014-173 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine promulguée le 21 février 2014 comme seul critère de classement celui de la concentration de la pauvreté des habitants, ce qui a généré l’entrée dans le dispositif de quartiers anciennement oubliés et la sortie de quartiers dont la vie pour les habitants, grâce sans doute aux actions impulsées auparavant, s’était sensiblement améliorée.
De cette redéfinition des territoires de la politique de la ville ont été identifiés 37 quartiers prioritaires dans la Métropole de Lyon, rassemblant 12% de la population, quartiers figurant sur la liste nationale des QPV définie par le décret 2014-1750 en date du 30 décembre 2014. Cette redéfinition s’est enrichie de regards élargis, car elle détermine dorénavant des quartiers dits en veille, c’est-à-dire les quartiers en meilleure santé humaine, mais encore fragiles comme le Golf à Oullins ou le quartier Ampère, elle considère les quartiers vécus, qui intègrent tous les équipements qui participent à la vie du quartier et qui correspondent au lieu de vie que fréquentent les habitants du territoire en politique de la ville, elle repère aussi les résidences labellisées, des secteurs plus petits donc .Contrat de ville rénové aussi, parce que les événements de janvier dernier ont réveillé les consciences et qu’ils ont mis à jour la ségrégation dont sont victimes les habitants qui ne sont pas associés à la dynamique économique, culturelle et sociale.

Contrat de ville rénové encore parce que la Métropole de Lyon, nouvelle collectivité au 1er janvier 2015, rassemble sur son territoire à la fois les compétences économiques, d’emploi et d’insertion, culturelles, éducatives et sociales pour les 59 communes qui la composent qu’elle va pouvoir mettre en mouvement simultanément et que son rôle en sera amplifié et attendu efficace.
Cette rénovation était nécessaire et urgente car la politique de la ville a déjà bien vécu et n’a pas forcément donné toujours les résultats attendus : il suffit pour s’en convaincre de voir que les jeunes vivant dans les quartiers prioritaires sont massivement exposés à la déscolarisation, à l’absence de formation et au chômage, eux qui devraient être les forces montantes et vives de notre pays et nous projeter dans l’avenir sont reclus dans des situations de déclassement déjà subies par leurs parents, eux-mêmes habitants des quartiers en politique de la ville qui ont pourtant depuis des décennies vu multiples actions être menées depuis des décennies et subventionnées aussi bien par l’Etat, les régions, les Conseil généraux ou les villes sans qu’elles n’aient réellement permis un rééquilibrage.
Fort de cette rénovation, le contrat de ville métropolitain se fixe des priorités et des orientations en termes d’emploi, de lutte contre l’échec scolaire, d’amélioration de l’habitat, de vivre ensemble ciblant exclusivement les habitants des quartiers prioritaires en les associant au mouvement
Enclenché sur le reste du territoire et en en faisant eux-aussi des artisans de la ville. L’étape majeure à franchir est de faire de la diversité des territoires et de leurs habitants une richesse et d’arriver à les unir heureux dans la solidarité là où notre organisation mondiale et certains politiques tentent davantage d’opposer leurs différences et de favoriser les haines en cultivant l’individualisme. Mais pour garantir la réussite de cette organisation rénovée, les habitants ont besoin de proximité et c’est l’échelon communal qui devra jouer ce rôle central, mobilisé autour des maisons du Rhône, des CCAS, notamment.
Les trois piliers sur lesquels repose le contrat de ville métropolitain sont le développement économique et l’emploi, la cohésion sociale et l’amélioration du cadre de vie et le renouvellement urbain. Ce contrat de ville métropolitain se décline en conventions locales sur chacun des quartiers prioritaires ou commune concernée, Oullins donc, le quartier de la Saulaie plus strictement, qui cristallise toutes les difficultés sociales, économiques, humaines analysées par le contrat de ville métropolitain, en face d’elles des femmes, des hommes, des jeunes, des enfants qui ont droit au bonheur comme les autres. L’ambition est de transformer leur quartier où ils sont assignés en territoire ressource et d’enrichir leur vie d’un avenir qu’ils ne partagent pas avec les autres pour le moment, d’y améliorer leur cadre de vie, leur habitat, de faire en sorte, qu’ils aient une formation, une qualification, qu’ils puissent être mobiles pour accéder à l’emploi, mais que des entreprises s’installent aussi à proximité de leur domicile et les recrutent et qu’ils créent eux-mêmes leur entreprise, leur commerce, qu’ils puissent bénéficier d’ouvertures culturelles et qu’ils forment avec les habitants des autres quartiers d’Oullins une seule et même population, enrichie.
Dans cette puissante dynamique évolue un des quartiers d’Oullins, celui de la Saulaie, sur l’avenir duquel ses habitants s’inquiètent et pour lesquels il est expressément requis qu’ils soient associés aux évolutions de leur quartier : je traduis là une volonté que leur quartier, enrichi de l’aménagement des friches SNCF, ne leur échappe pas, ne soit pas pensé et construit pour les autres, ceux que nous pouvons imaginer être les nouveaux arrivants, mais que les habitants d’aujourd’hui participent à la fabrication de leur ville. Des acteurs associatifs déjà très présents continueront de les accompagner sur ce chemin, mais cela nécessite aussi que la décision politique tienne compte de leur engagement et de leurs propositions, qu’elle résulte d’études bien sûr, mais aussi de la concertation et ne se réduise pas à l’information, comme nous l’expérimentons depuis longtemps à Oullins.
Le descriptif général du quartier qui nous est présenté dans le projet social de territoire oullinois nous renvoie aux données factuelles – nombre de logements, nombre d’équipements publics, et au projet de développement social mené avec nombre d’associations, autant d’acteurs qui contribuent à la vie du quartier, mais il met en exergue aussi l’étendue des difficultés : la chute du nombre de ses habitants, passé de 3000 à 1500, les 15 locaux vacants par exemple sur les 40, les 142 entreprises dont très peu des 1500 employés habitent le quartier, l’enfermement du quartier, coincé entre l’autoroute A7 et la voie ferrée, exposé aux industries à risque à proximité et à la pollution ad hoc, les logements pour certains insalubres, pour beaucoup dégradés, la pauvreté des habitants dont le revenu fiscal mensuel se situe à 745€ là où ailleurs à Oullins il est de 1596€ et dont plus des 2/3 sont allocataires CAF, 20% de ceux-ci bénéficiaires du RSA, l’absence de formation pour près de 35% des plus de 15 ans, et l’accablant chômage auquel est soumise près de la moitié des 15-64 ans.
J’ai pris connaissance des attentes des habitants, bien légitimes, et des orientations stratégiques en termes de développement et d’amélioration du quartier. On ne peut qu’y souscrire, mais s’interroger aussi très longuement sur tout ce qui n’a pas été fait durant plus de 20 ans et tout ce qui a été mal fait et dont vous êtes en partie responsables, vous mr le maire et votre équipe : le laisser se dégrader les logements, tolérer l’insalubrité, fermer un restaurant de personnes âgées, amputer une école, ne pas imaginer signer de contrats emplois locaux avec les entreprises au fur et à mesure de leur implantation, avoir négligé le logement social partout dans la commune, provoquant la concentration de la pauvreté, là où la ville est la moins verte, là plus abandonnée.
On nous parle aujourd’hui d’un quartier en devenir, d’un quartier durable parce qu’il y a 9 hectares à aménager et que dans ces 9 hectares gagnés sur notre physionomie urbaine vont se cristalliser toutes les rêves d’éco-quartier que nous n’avons nulle part ailleurs à Oullins. Faire émerger un éco-quartier sur un site non encore construit ne peut être qu’une vitrine si le mouvement est enfermé et ne circule pas dans le quartier ni la commune. Comment ne

pas provoquer l’exode de la population existante à la Saulaie, dont les premières préoccupations sont de se loger dignement, de travailler, de scolariser ses enfants au plus près, si cet éco-quartier ne les emmène pas eux aussi dans un vivre bien meilleur ? Réussir la Saulaie et ce nouvel aménagement exige de ne pas renier la population actuelle ni les diversités géographiques et socio-économiques juxtaposées qui font la ville d’Oullins et de garder une cohésion de notre ensemble communal dans cet avenir en transformation.
Sachez que nous faisons et ferons de notre veille active une de nos priorités, mais que nous votons pour le contrat de ville métropolitain et pour sa déclinaison locale.

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