Conseil municipal du 20 juin 2019 Intervention de Joëlle SECHAUD sur la demande de subvention à la DRAC Auvergne Rhône Alpes

L’achat et l’installation de trois automates prêt retour des documents à l’intérieur de la médiathèque pour un montant de 33 000€ hors taxe font l’objet d’une demande de subvention auprès de la DRAC.

Nous pouvons penser que l’automatisation des opérations citées libérera du temps pour les personnels qui pourront dès lors l’investir dans l’accueil, le conseil de tous les publics ainsi que dans la proposition d’activités culturelles en partenariat notamment avec les acteurs associatifs locaux.

Nous écartons délibérément l’éventualité que vous puissiez envisager l’automatisation comme moyen de supprimer des postes de personnels.

Les modes de vie, les rythmes et les horaires de travail et de loisirs ont considérablement évolué et se sont diversifiés en quelques décennies. Le service public à la population souffre en même temps de restrictions budgétaires, de réduction de personnels et ne répond plus que partiellement aux besoins des usagers.

En proposant une automatisation des opérations de prêt retour, la médiathèque ouvre la possibilité à ses abonnés d’obtenir et de restituer des ouvrages et des autres supports les jours et heures de fermeture et inscrit cette offre dans une évolution réelle de nos modes de vie.

La médiathèque d’aujourd’hui mène de nombreuses actions culturelles que nous saluons, mais elle doit cependant encore diversifier ses services, mieux aller à la rencontre du public, adapter ses initiatives culturelles à l’ensemble de la population pour remplir sa mission culturelle auprès d’elle. L’automatisation du prêt retour ne relève pas de cette rencontre des publics éloignés. Certaines initiatives diffèrent d’un territoire à l’autre, mais elles doivent différer d’un quartier à l’autre également car certains publics confrontés à des difficultés par rapport à la lecture par exemple – jeunes comme moins jeunes – n’accèdent pas à l’information ni à la connaissance et se trouvent empêchés.

C’est pourquoi il nous faut nous poser la question des offres différenciées qu’apporte la médiathèque d’Oullins à la population, selon que les habitants sont mobiles ou pas, selon qu’ils ont la possibilité de se rendre à la médiathèque les jours d’ouverture institutionnalisés ou qu’ils en sont empêchés, selon qu’ils ont une appétence culturelle ou qu’elle est en sommeil…

Vous avez décidé en fermant l’annexe de la bibliothèque Montlouis de centraliser. Depuis une seule boite aux livres inaugurée, située dans le quartier du Merlo, là où existe déjà une vie sociale fédérée autour de Mr Proton, adjoint à la sécurité, et du président du comité local de quartier, que la boite à livres renforce encore. Aucune n’a été installée dans les autres quartiers où le besoin est pourtant exprimé.

Qu’est-ce qu’une médiathèque de demain, quand des préconisations pour celle d’aujourd’hui sont avancées dans le rapport Orsenna-Corbin « voyage au pays des bibliothèques, lire aujourd’hui, lire demain » et qu’elles ne sont pas encore mises en oeuvre  ? Répondre aux enjeux d’équité territoriale, mais aussi étendre les horaires d’ouverture pour qu’ils concordent avec les temps réels de la cité, mutualiser des espaces sont quelques-unes des voies à explorer.

Des municipalités nombreuses ont saisi bien avant les enjeux de leur territoire et sont conscientes des difficultés d’accès à la lecture et à la connaissance de certains de leurs habitants. Paris déploie par exemple un contrat territoire lecture dans les quartiers populaires pour développer le goût et la maîtrise de la lecture. Parce qu’ils sont vecteurs d’éducation, de réussite scolaire, de plaisir, mais aussi d’émancipation, d’insertion sociale et professionnelle, de citoyenneté et réduisent les inégalités socio-économiques entre les quartiers populaires et le reste du territoire, la municipalité de Paris développe une diversité d’actions autour du livre et de la lecture avec notamment des bibliothèques mobiles et l’implantation de ressourceries culturelles au sein de lieux institutionnels ou associatifs comme des établissements de la petite enfance, des centres d’animation ainsi que dans l’espace public, mais implanter des bibliothèques dans les quartiers ne suffit pas à éveiller le goût à la lecture car quel est l’intérêt à entrer dans une bibliothèque quand on n’aime pas lire. Dans la région PACA par exemple en parallèle d’autres actions menés par et avec les centres sociaux et les centres de formation, ont été créés dans les années 90 des « Espaces Lecture » missionnés d’apporter le livre aux publics empêchés et leur offrir un lieu, un accueil, une médiation vers la pratique culturelle de la lecture, vers l’habitude de lire. Ces espaces Lecture empruntent eux-mêmes des livres au fonds de la bibliothèque municipale, voire départementale, qui prête les livres pour des périodes longues. Ces Espaces Lecture servent de passerelles vers les bibliothèques municipales.Ils ont été complétés de projets intitulés « Hors les murs » qui permettent une première prise de contact et rendent visibles les espaces Lecture qui eux-mêmes amènent les publics à se familiariser avec un lieu comme une bibliothèque.

Nous saisissons cette délibération pour exprimer à nouveau notre désaccord profond avec vous sur certains points  :Vous avez oublié les quartiers populaires et leur public, en fermant un lieu culturel et intergénérationnel dans l’un d’entre eux sans proposer en contrepartie que cette ressource puisse être implantée dans un équipement communal comme la crèche Pinocchio par exemple ou dans le pôle social.

Nous regrettons également que vous soyez si timides à proposer une médiathèque d’aujourd’hui et que vous ne vous inspiriez pas d’expérimentations positives menées ailleurs pour améliorer l’accès à la culture pour tous. Néanmoins, nous voterons pour cette délibération.

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